Conduite & infractions

Voiture banalisée arrêtée : peut-elle flasher, avec quelle marge ?

Par Julien Mercier28 October 20266 min de lecture

Voiture banalisée garée au bord d'une route

Voiture banalisée arrêtée : oui, elle peut flasher

La réponse courte surprend souvent au comptoir : une voiture banalisée garée sur le bas-côté peut parfaitement relever votre vitesse. Le radar n’a pas besoin que la voiture roule. Un cinémomètre installé à bord d’un véhicule stationné mesure les véhicules qui passent, exactement comme le ferait un radar posé sur un trépied.

Cette voiture n’a rien de particulier à l’extérieur. Pas de bandes, pas de gyrophare visible, des plaques ordinaires. À bord, des agents de police ou de gendarmerie, et un appareil qui enregistre la mesure et la photo. Elle se gare là où un radar fixe n’existe pas : une sortie de village, une ligne droite en descente, une portion de route où les excès se répètent.

Le flash, lui, ne se voit pas forcément. Les appareils récents travaillent à l’infrarouge : aucun éclair blanc ne vient prévenir le conducteur, de jour comme de nuit. Beaucoup découvrent le contrôle en ouvrant l’avis de contravention, quelques jours ou quelques semaines plus tard.

À l’arrêt ou en mouvement : deux marges différentes

Avant de retenir une infraction, l’administration retire une marge technique à la vitesse mesurée. Cette marge n’est pas la même selon que le radar mesure depuis un véhicule à l’arrêt ou depuis une voiture qui roule.

  • Radar utilisé depuis un véhicule à l’arrêt : la marge est la même que pour un radar fixe, soit 5 km/h en dessous de 100 km/h, et 5 % au-dessus.
  • Voiture radar qui mesure en roulant : la marge est doublée, soit 10 km/h en dessous de 100 km/h, et 10 % au-dessus.

La différence s’explique par la mesure elle-même. Un appareil immobile mesure dans des conditions stables. Une voiture en mouvement doit calculer la vitesse de la cible à partir de sa propre vitesse, sur une route qui tourne et qui monte, ce qui ajoute une incertitude. D’où une marge plus large.

En pratique, la voiture radar en mouvement retient les excès nets. Selon la Sécurité routière, elle flashe à partir de 146 km/h sur une autoroute limitée à 130, et à partir de 61 km/h dans une zone à 50. La voiture garée, elle, applique la marge courte : quelques km/h au-dessus de la limite suffisent.

La vitesse qui figure sur l’avis est la vitesse retenue, c’est-à-dire après déduction de la marge. La vitesse mesurée est en général mentionnée à côté. Les deux chiffres sont utiles pour vérifier que la bonne marge a été appliquée au bon type d’appareil.

Voitures radars conduites par un prestataire privé

Une partie des voitures radars n’est plus conduite par des policiers ou des gendarmes. L’État confie la conduite à des prestataires privés, sur des itinéraires et à des horaires qu’il définit lui-même. Le conducteur ne choisit ni la route, ni le moment.

Ces voitures fonctionnent en roulant, avec la marge large. Personne à bord n’est habilité à arrêter un automobiliste : il n’y a jamais d’interception. Elles ne relèvent que les excès de vitesse, rien d’autre. Le conducteur du prestataire ne déclenche pas le radar et ne voit pas les mesures : l’appareil fonctionne seul.

La voiture banalisée de police ou de gendarmerie, avec des agents à bord, est un autre cas. Les agents peuvent constater une infraction, puis suivre et intercepter le véhicule. Le téléphone tenu en main, la ceinture non bouclée ou un dépassement dangereux peuvent alors être relevés sur place, en plus de la vitesse.

Reconnaître une voiture radar : ce qui se voit, ce qui ne se voit pas

Quelques indices existent. Un boîtier sombre posé sur la planche de bord, derrière le pare-brise. Une antenne inhabituelle. Une voiture garée longtemps au même endroit, moteur parfois tournant, dans une position qui offre une vue dégagée sur la route. Une voiture qui roule à vitesse constante et régulière, sans jamais dépasser.

Ces signes restent peu fiables. Les modèles utilisés sont des voitures courantes, de couleurs banales, que rien ne distingue d’un véhicule de particulier. Chercher à les repérer revient surtout à regarder les bas-côtés plutôt que la route.

La seule méthode qui marche est connue : rouler à la vitesse affichée, en tenant compte des changements de limitation qui piègent souvent, en sortie d’agglomération ou à l’approche d’une zone de travaux. Un régulateur ou un limiteur bien utilisé fait plus pour le permis que n’importe quel repérage.

Après le flash : l’avis de contravention

Sans interception, l’avis de contravention est envoyé au titulaire de la carte grise. Il arrive par courrier, ou sur l’espace en ligne pour ceux qui l’ont activé. À partir de son envoi, vous disposez de 45 jours pour réagir. Trois voies s’offrent à vous.

Payer, d’abord. Le paiement vaut reconnaissance de l’infraction : si vous êtes le titulaire et que vous payez, les points sont retirés de votre permis. C’est la voie normale si vous conduisiez.

Désigner, ensuite. Si quelqu’un d’autre conduisait, vous indiquez son identité et son adresse, en ligne ou par courrier. L’avis lui est réadressé. Pour une voiture de société, cette démarche est obligatoire, et son oubli coûte cher : le mode d’emploi pour désigner le conducteur après un avis de contravention détaille les délais et les recours.

Contester, enfin. Une erreur sur le véhicule, une plaque usurpée, une marge mal appliquée sont des motifs sérieux. La photo peut être demandée pour vérifier le véhicule et, quand l’angle le permet, la personne au volant. Une contestation sans argument concret, en revanche, n’a guère de chance d’aboutir.

Les autres papiers du conducteur sont reliés depuis la page des démarches et vérifications du conducteur, et la rubrique infractions routières et contraventions rassemble les pages sur les amendes et les radars.

Questions fréquentes

Le flash d’une voiture radar est-il visible ?

En général, non. Les appareils embarqués utilisent un flash infrarouge, invisible à l’œil nu. Vous ne voyez rien sur le moment, et l’avis de contravention est souvent le premier signe du contrôle.

Une voiture radar flashe-t-elle la nuit ?

Oui. L’infrarouge fonctionne de jour comme de nuit, et l’éclairage de la route n’est pas nécessaire. Un trajet de nuit sur une route dégagée n’échappe donc pas au contrôle.

Une voiture banalisée peut-elle verbaliser autre chose que la vitesse ?

Une voiture banalisée avec des policiers ou des gendarmes à bord, oui : ils peuvent constater toute infraction et intercepter le conducteur. Une voiture radar conduite par un prestataire privé, non : elle ne relève que les excès de vitesse, sans interception.

Peut-on contester un flash de voiture radar ?

Oui, dans les 45 jours qui suivent l’envoi de l’avis, par une requête en exonération. Vérifiez d’abord la vitesse retenue, la marge appliquée et l’identification du véhicule sur la photo. Ces trois éléments fondent la plupart des contestations qui aboutissent.