Ce qu’on appelle le parallélisme
Vues du dessus, les deux roues avant d’une voiture ne sont pas tout à fait parallèles. Elles sont légèrement orientées l’une vers l’autre, ou légèrement écartées, selon ce que le constructeur a prévu pour la tenue de route. Cet angle s’appelle le pincement quand l’avant des roues se rapproche, et l’ouverture quand il s’écarte. C’est ce réglage qu’on désigne couramment par le mot parallélisme.
Le parallélisme fait partie d’un ensemble plus large, la géométrie du train roulant. Deux autres angles comptent aussi. Le carrossage est l’inclinaison de la roue vue de face, vers l’intérieur ou l’extérieur. La chasse est l’inclinaison de l’axe de pivot vue de côté, celle qui ramène le volant au centre après un virage. Sur la plupart des voitures, seul le parallélisme se règle facilement. Le carrossage et la chasse dépendent surtout de l’état des pièces.
Un parallélisme correct garde la voiture en ligne droite sans effort, assure une usure régulière des pneus et une direction précise. Un parallélisme déréglé produit l’inverse, souvent de manière progressive, si bien que le conducteur s’y habitue sans s’en rendre compte.
Les signes qui doivent alerter
Le premier signe se ressent au volant. Sur une route droite et plate, la voiture tire d’un côté et vous oblige à corriger en permanence. Ou bien elle roule droit, mais le volant n’est pas centré : il penche d’un côté alors que les roues sont droites. Ce volant de travers en ligne droite est un indice presque certain d’un réglage à refaire.
Le deuxième signe se lit sur les pneus. Un parallélisme déréglé fait frotter le pneu légèrement de biais sur la route. Il s’use alors davantage sur un bord, intérieur ou extérieur, et prend parfois un aspect en dents de scie que l’on sent en passant la main sur la bande de roulement. Une usure en biseau sur les deux pneus avant d’un même essieu doit faire penser à la géométrie.
Le troisième signe s’entend. Des pneus qui chuintent ou crissent dans les virages pris à vitesse modérée, ou sur un parking en manœuvrant, travaillent de travers. Ce bruit, combiné à une usure irrégulière, confirme souvent le diagnostic.
Ce qui le dérègle
Le parallélisme ne se dérègle presque jamais seul. Il se dérègle à la suite d’un choc ou d’une intervention. Un trottoir heurté en se garant, un nid-de-poule pris un peu vite, une bordure frôlée sur une route étroite : le choc suffit à déplacer légèrement une pièce de direction.
Le remplacement d’une pièce de direction ou de suspension change aussi la géométrie. Une biellette de direction, une rotule, un bras de suspension ou un amortisseur neuf ne se remontent jamais exactement à la même cote que l’ancienne pièce. Un réglage après ce type d’intervention fait normalement partie du travail.
L’usure progressive, enfin, joue son rôle. Les rotules et les silentblocs, ces pièces de caoutchouc qui relient les bras de suspension à la caisse, prennent du jeu avec les années. Le réglage peut être correct à l’arrêt et varier en roulant, parce que les pièces bougent. Dans ce cas, régler le parallélisme ne suffit pas : il faut d’abord remplacer les pièces usées.
Ce qui n’est pas le parallélisme
Avant de faire régler la géométrie, éliminez les causes plus simples, qui produisent des symptômes proches. La plus fréquente est une pression des pneus inégale. Un pneu avant moins gonflé que l’autre suffit à faire tirer la voiture de son côté. Le contrôle prend quelques minutes à la station, pneus froids, et il permet souvent de régler le problème sans atelier. Le geste et les valeurs à respecter sont détaillés ici : vérifier la pression des pneus avant tout autre diagnostic.
D’autres causes sont à envisager. Un pneu déformé, avec une hernie sur le flanc ou une ceinture interne abîmée, fait tirer la voiture et doit être remplacé. Un étrier de frein qui accroche freine une roue en permanence : la voiture tire, et la jante de cette roue est plus chaude que les autres après un trajet. Une route bombée, enfin, fait naturellement dériver une voiture vers le bas-côté, sans aucun défaut.
Un test simple aide à trancher : intervertissez les deux roues avant. Si la voiture tire désormais de l’autre côté, le pneu est en cause. Si elle tire toujours du même côté, la géométrie ou les freins sont à examiner.
Le réglage à l’atelier
Le réglage se fait sur un banc de géométrie. Des capteurs fixés sur chaque roue mesurent les angles et les comparent aux valeurs du constructeur. Le technicien règle ensuite le parallélisme en agissant sur les biellettes de direction, puis contrôle à nouveau. Un atelier sérieux vous remet un rapport imprimé avec les valeurs mesurées avant et après.
Ce rapport est utile. Il montre si le défaut venait du parallélisme seul ou d’un autre angle qui ne se règle pas, comme le carrossage, signe d’une pièce tordue ou usée. Il sert aussi de référence si le problème réapparaît.
Faites contrôler la géométrie après un choc important, après le remplacement d’une pièce de direction ou de suspension, et lors du montage de pneus neufs. Monter des pneus neufs sur une voiture mal réglée, c’est les condamner à s’user de travers dès les premiers kilomètres.
La page contrôles et diagnostics du véhicule rassemble les vérifications à mener avant un passage en atelier, et la rubrique sur le diagnostic d’une voiture qui tire présente les autres symptômes de direction et de suspension.
Questions fréquentes
Comment savoir si le parallélisme est mauvais ?
Les trois signes principaux sont une voiture qui tire d’un côté sur route droite, un volant de travers alors que les roues sont droites, et une usure des pneus avant plus marquée sur un bord. Des pneus qui chuintent en virage complètent le tableau. Vérifiez d’abord la pression des pneus, puis faites contrôler la géométrie sur un banc.
Faut-il faire le parallélisme après avoir changé ses pneus ?
Ce n’est pas obligatoire à chaque changement, mais c’est recommandé si les anciens pneus présentaient une usure irrégulière, ou si la voiture tirait déjà d’un côté. Monter des pneus neufs sur une géométrie déréglée les use de travers très vite. Beaucoup d’ateliers proposent un contrôle au moment du montage.
Un nid-de-poule peut-il dérégler le parallélisme ?
Oui. Un nid-de-poule pris à vitesse soutenue, comme un trottoir heurté, peut déplacer une biellette ou tordre une pièce de direction. Si la voiture tire ou si le volant n’est plus droit après un choc, faites contrôler la géométrie, et vérifiez au passage l’état du pneu et de la jante.
Quelle différence entre parallélisme et équilibrage ?
Le parallélisme règle l’angle des roues par rapport à la voiture. L’équilibrage répartit le poids autour de chaque roue grâce à de petites masses fixées sur la jante. Un défaut de parallélisme fait tirer la voiture et user les pneus de biais. Un défaut d’équilibrage fait vibrer le volant à certaines vitesses.
