Contrôle technique

Contrôle technique moto : quand, quoi, comment ça se passe

Par Julien Mercier26 October 20267 min de lecture

Moto sur une ligne de contrôle technique

Quels deux-roues sont concernés

Le contrôle technique ne vise pas que les grosses motos. Il concerne tous les véhicules à moteur de la catégorie L : motos, scooters, cyclomoteurs, tricycles et quadricycles à moteur, quads compris. Le petit scooter de 50 cm³ qui sert à aller au lycée est dans le lot, au même titre que la routière.

Pour savoir si le vôtre est concerné, ouvrez la carte grise. La case J donne la catégorie, la case J1 le genre national. Les mentions qui vous font entrer dans le contrôle sont les suivantes :

  • CL ou CYCL : cyclomoteur à deux roues, ou à trois roues non carrossé ;
  • MTL : motocyclette légère ;
  • MTT1 et MTT2 : motocyclettes, selon leur puissance ;
  • TM : tricycle à moteur ;
  • QM : quadricycle à moteur.

Certains véhicules en sont dispensés. Si vous avez un doute pour un usage particulier, la fiche officielle du contrôle des deux-roues et le centre agréé tranchent mieux qu’un forum. Le contrôle reste à votre initiative : aucune convocation n’arrive dans la boîte aux lettres. C’est au propriétaire de repérer son échéance.

Quand passer le premier contrôle

La date du premier contrôle dépend de l’année d’immatriculation du véhicule. Le calendrier a été étalé pour que les centres absorbent tout le parc :

  • immatriculé avant 2017 : le premier contrôle devait être fait en 2024 ;
  • immatriculé en 2017, 2018 ou 2019 : il devait être fait en 2025 ;
  • immatriculé en 2020 ou 2021 : il doit être fait en 2026, au plus tard 4 mois après la date anniversaire de la première mise en circulation, et au plus tard le 31 décembre 2026 ;
  • immatriculé en 2022 et après : il se fait dans les 6 mois qui précèdent le cinquième anniversaire de la première mise en circulation.

Un exemple rend la règle concrète. Une moto immatriculée en 2021 et mise en circulation le 20 juin 2021 doit passer au plus tard le 20 octobre 2026. Une moto mise en circulation le 1er octobre 2022 passe entre le 1er avril et le 30 septembre 2027.

La date de première immatriculation figure en case B de la carte grise, et c’est elle qui sert de repère, pas la date à laquelle vous avez acheté la moto. La date de la carte grise à votre nom, en case I, ne compte pas. Une machine d’occasion achetée l’an dernier peut très bien être déjà en retard.

Les points contrôlés sur une moto

Le contrôleur passe en revue 80 points, regroupés par fonctions. La liste ressemble à celle d’une voiture, adaptée au deux-roues :

  • l’identification : carte grise, plaque, numéro de série ;
  • le freinage, la direction et la visibilité, rétroviseurs compris ;
  • les feux, les dispositifs réfléchissants et l’équipement électrique ;
  • les roues, les pneus, la suspension, le châssis et ses accessoires ;
  • le klaxon, puis les nuisances : pollution et niveau sonore.

Sur un deux-roues, trois postes concentrent les mauvaises surprises. L’échappement d’abord : un silencieux remplacé par un modèle non homologué, ou vidé de sa chicane, se voit et s’entend. L’éclairage ensuite : clignotants miniatures mal fixés, feu arrière remplacé, éclairage de plaque supprimé. La plaque enfin, raccourcie ou inclinée pour le style.

Le reste relève de l’usure normale. Des pneus qui arrivent au témoin, des plaquettes en fin de vie, une fourche qui suinte, une chaîne détendue ou un phare mal réglé se repèrent avant le rendez-vous, et se corrigent souvent pour moins cher qu’une contre-visite.

Défaillances et résultat du contrôle

Chaque défaut relevé est classé selon sa gravité. La défaillance mineure n’a pas de conséquence sur la sécurité ni sur l’environnement : elle figure au procès-verbal, sans obligation de revenir. La défaillance majeure peut compromettre la sécurité, nuire à l’environnement ou mettre en danger les autres usagers. La défaillance critique constitue un danger direct et immédiat.

Le résultat découle de ce classement. Il est favorable, noté A, en l’absence de défaillance majeure ou critique. Il est défavorable pour défaillance majeure, noté S, quand au moins une défaillance majeure est relevée. Il est défavorable pour défaillance critique, noté R, dès qu’une seule défaillance critique apparaît.

Un résultat favorable vaut 3 ans pour un deux-roues, contre 2 ans pour une voiture. Le contrôleur pose un timbre sur la carte grise avec la date limite de validité. Pour comparer avec le rythme d’une auto, la page sur la périodicité du contrôle technique d’une voiture détaille l’autre calendrier.

Contre-visite et validité

Un résultat défavorable impose une contre-visite dans les 2 mois qui suivent le contrôle. Avec un S, le procès-verbal reste valable pendant ces 2 mois, le temps de réparer. Avec un R, sa validité s’arrête le jour même : la moto ne devrait plus circuler avant réparation.

La contre-visite peut se faire dans le centre d’origine ou dans un autre centre agréé. Le contrôleur part des défaillances notées au procès-verbal et vérifie qu’elles ont été réparées. Apportez l’original du procès-verbal et la carte grise. Une contre-visite favorable vaut 3 ans, à compter de la date du contrôle défavorable qui l’a déclenchée.

Préparer sa moto avant le passage

Un tour de la moto à l’arrêt évite la plupart des refus bêtes. Allumez tout : feu de croisement, feu de route, clignotants, feu stop avec chaque frein, éclairage de plaque. Essayez le klaxon. Regardez les pneus, flancs compris, et le témoin d’usure.

Contrôlez ensuite ce qui se sent. Une fourche qui s’enfonce sans résistance ou qui fuit, un frein qui demande d’aller au bout du levier, une direction qui accroche en tournant le guidon : ces signes méritent un passage à l’atelier avant le contrôle, pas après.

Pour les papiers, l’original de la carte grise suffit dans la plupart des cas. Les prix sont libres, affichés à l’entrée de chaque centre, et un service en ligne permet de les comparer. Rouler sans contrôle valide expose à une amende forfaitaire de 135 euros, pouvant aller jusqu’à 750 euros, et à une immobilisation avec une fiche de circulation de 7 jours pour aller se mettre en règle.

Les étapes communes aux voitures et aux deux-roues sont reprises dans le guide des contrôles obligatoires des véhicules, voiture ou deux-roues, et la rubrique contrôle technique des voitures et des deux-roues rassemble les pages sur la préparation et la contre-visite.

Questions fréquentes

Un scooter de 50 cm³ doit-il passer le contrôle technique ?

Oui. Les cyclomoteurs, immatriculés CL ou CYCL en case J1 de la carte grise, font partie de la catégorie L soumise au contrôle. Le calendrier est le même que pour une moto : il dépend de l’année d’immatriculation.

Tous les combien faut-il refaire le contrôle technique d’une moto ?

Après le premier contrôle, un résultat favorable vaut 3 ans. La date limite figure sur le timbre posé sur la carte grise et sur le procès-verbal. Après une contre-visite favorable, les 3 ans courent depuis le contrôle défavorable d’origine, pas depuis la contre-visite.

Que risque-t-on à rouler sans contrôle technique à moto ?

Une amende forfaitaire de 135 euros, pouvant aller jusqu’à 750 euros. Les forces de l’ordre peuvent aussi immobiliser le véhicule et retenir la carte grise, avec une fiche de circulation de 7 jours pour passer le contrôle. La mise en fourrière est possible si la moto n’est pas présentée.

Peut-on faire la contre-visite de sa moto dans un autre centre ?

Oui. La contre-visite peut se faire dans n’importe quel centre agréé pour les deux-roues, dans les 2 mois qui suivent le contrôle. Apportez l’original du procès-verbal défavorable : c’est lui qui indique au contrôleur les points à revérifier.