Comment fonctionne un radar tronçon
Un radar tronçon ne mesure pas votre vitesse à un instant donné. Il mesure votre vitesse moyenne sur une portion de route, entre deux points. C’est toute la différence avec un radar fixe classique, et c’est ce qui le rend si mal compris.
Le dispositif se compose de deux bornes, ou de deux portiques, placés à plusieurs kilomètres l’un de l’autre. La première enregistre la plaque d’immatriculation de chaque véhicule et l’heure exacte de son passage. La seconde fait la même chose à la sortie de la section. Le système connaît la distance entre les deux points : il divise cette distance par le temps mis à la parcourir et obtient une vitesse moyenne. Si cette moyenne dépasse la limitation de la section, une fois la marge technique déduite, l’infraction est constituée.
Trois conséquences pratiques en découlent, et elles contredisent pas mal d’idées reçues.
- Ralentir juste avant la seconde borne ne sert à rien si la moyenne est déjà dépassée : le temps de parcours est acquis.
- Le dispositif ne voit que la moyenne. Un excès ponctuel au milieu de la section reste une infraction, que d’autres radars, fixes ou mobiles, peuvent relever sur la même route.
- Il n’y a pas de flash visible : la lecture des plaques se fait à l’infrarouge. Ne pas avoir vu d’éclair ne veut rien dire.
Les sections équipées sont signalées par des panneaux annonçant un contrôle de vitesse moyenne, souvent avec la longueur de la section. On les trouve surtout là où une vitesse régulière compte pour la sécurité : tunnels, viaducs, longues lignes droites accidentogènes, zones de travaux.
La marge technique appliquée
Aucun appareil de mesure n’est parfait. Pour en tenir compte, la vitesse retenue sur l’avis de contravention n’est pas la vitesse mesurée : c’est la vitesse mesurée moins une marge technique.
Cette marge est de 5 km/h pour les vitesses mesurées inférieures à 100 km/h, et de 5 % au-delà de 100 km/h. Sur une section limitée à 90 km/h, une moyenne mesurée à 97 km/h devient une vitesse retenue de 92 km/h : un excès de 2 km/h. Sur une section limitée à 110 km/h, une moyenne mesurée à 120 km/h est réduite de 6 km/h, soit une vitesse retenue de 114 km/h.
L’avis de contravention mentionne les deux valeurs, la vitesse mesurée et la vitesse retenue. Vérifiez que la marge a bien été appliquée : c’est la première ligne à lire. Retenez aussi que le compteur de la voiture affiche en général un peu plus que la vitesse réelle, mais ce n’est pas une règle sur laquelle on peut compter pour flirter avec la limite.
Ce que coûte un excès de vitesse au radar tronçon
Les sanctions sont les mêmes que pour n’importe quel radar automatique. Elles dépendent de l’écart entre la vitesse retenue et la limitation, et de la limitation elle-même, selon le Code de la route.
- Moins de 20 km/h au-dessus : 68 euros et 1 point si la limitation dépasse 50 km/h ; 135 euros et 1 point si elle est de 50 km/h ou moins.
- De 20 à moins de 30 km/h au-dessus : 135 euros et 2 points.
- De 30 à moins de 40 km/h au-dessus : 135 euros et 3 points, avec une suspension du permis possible.
- De 40 à moins de 50 km/h au-dessus : 135 euros et 4 points, avec une suspension du permis possible.
- 50 km/h et plus au-dessus : contravention de 5e classe, jusqu’à 1 500 euros d’amende, 6 points, et suspension possible.
Ces montants sont ceux de l’amende forfaitaire. Payée rapidement, elle peut être minorée ; payée en retard, elle est majorée. Les délais et les montants applicables figurent sur l’avis lui-même. Le retrait de points intervient une fois l’amende payée ou la condamnation devenue définitive.
L’avis de contravention : ce qu’il faut vérifier
L’avis arrive par courrier, ou dans l’espace en ligne de l’agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI), au nom du titulaire de la carte grise. Avant de payer comme avant de contester, relisez-le ligne par ligne.
La plaque d’immatriculation doit correspondre à votre voiture, et la photo associée doit montrer votre véhicule : une plaque mal lue ou une fausse plaque arrive plus souvent qu’on ne le croit. Le lieu, la date et l’heure doivent être compatibles avec vos déplacements. La vitesse retenue doit bien tenir compte de la marge.
Si vous aviez vendu la voiture avant la date de l’infraction, l’avis ne vous concerne plus, à condition d’avoir déclaré la vente. C’est exactement à cela que sert la déclaration en ligne : voici comment déclarer la cession d’une voiture vendue et ce qu’il faut garder comme preuve. Si vous n’étiez pas au volant, l’avis prévoit la désignation du conducteur réel : c’est une démarche à part, avec ses propres règles.
Contester une amende de radar tronçon
Si un élément de l’avis est faux, la contestation se fait par une requête en exonération, dans un délai de 45 jours à compter de l’envoi de l’avis. Elle se dépose en ligne sur le site de l’ANTAI, ou par courrier avec le formulaire joint à l’avis.
Selon le motif, une consignation peut être demandée : vous versez une somme égale au montant de l’amende forfaitaire, qui n’est pas un paiement. Elle vous est rendue si la contestation aboutit. Payer l’amende, en revanche, vaut reconnaissance de l’infraction et ferme la porte à toute contestation. Ne payez donc jamais « pour être tranquille » un avis que vous comptez contester.
Les motifs qui tiennent sont concrets : la voiture vendue avant l’infraction, un vol déclaré, une usurpation de plaque, une erreur de lecture de la plaque, une vitesse retenue sans la marge réglementaire. Gardez des copies de tout ce que vous envoyez. Ceux qui ne tiennent pas sont tout aussi connus : ne pas avoir vu de flash, ne pas avoir vu le panneau, avoir ralenti avant la seconde borne. Pour un dossier qui conteste le fonctionnement de l’appareil lui-même, un avocat est plus utile qu’un courrier.
Les autres sujets d’amendes, de permis et de règles de conduite sont rassemblés dans la catégorie radars, amendes et règles de conduite, et la page repères pour les démarches et les contrôles auto donne le cadre général.
Questions fréquentes
Le radar tronçon flashe-t-il ?
Pas de façon visible. Les bornes lisent les plaques à l’infrarouge, sans éclair. Le conducteur ne voit rien au passage et découvre l’infraction à réception de l’avis de contravention.
Quelle est la tolérance d’un radar tronçon ?
La marge technique est de 5 km/h pour une vitesse mesurée inférieure à 100 km/h, et de 5 % au-delà. Elle est déduite de la vitesse moyenne mesurée, et l’avis indique la vitesse retenue après déduction.
Peut-on être flashé deux fois sur un même tronçon ?
Le radar tronçon ne produit qu’une mesure de vitesse moyenne par passage. Un radar fixe ou mobile placé sur la même route mesure en revanche la vitesse instantanée, et peut donner lieu à un avis distinct.
Ralentir avant la seconde borne suffit-il ?
Non. La vitesse est calculée sur le temps total mis à parcourir la section. Si la moyenne est déjà dépassée, ralentir à la fin ne la ramène pas sous la limite, sauf à rouler très lentement sur une longue distance.
