Le taux d’alcool autorisé au volant
En France, un conducteur ne doit pas dépasser 0,5 gramme d’alcool par litre de sang. Ce taux correspond à 0,25 milligramme par litre d’air expiré, l’unité que mesurent les appareils dans lesquels on souffle. Ce sont deux façons d’écrire la même limite : l’une pour une prise de sang, l’autre pour l’éthylomètre.
Pour certains conducteurs, la limite descend à 0,2 gramme par litre de sang, soit 0,1 milligramme par litre d’air expiré :
- les titulaires d’un permis probatoire, c’est-à-dire les jeunes conducteurs pendant leurs premières années de permis ;
- les conducteurs de transport en commun, autocar ou autobus.
À 0,2 gramme, un seul verre peut suffire à dépasser la limite. En pratique, pour un jeune conducteur, la règle revient à ne pas boire du tout avant de prendre le volant. C’est d’ailleurs ce que conseille la Sécurité routière, puisque l’effet de l’alcool sur les réflexes commence bien avant le seuil légal.
Ces seuils figurent dans le Code de la route, aux articles R234-1 pour la contravention et L234-1 pour le délit. Ils ne dépendent ni du véhicule ni de la distance parcourue : quelques centaines de mètres jusqu’au parking suffisent à être en infraction.
Ce que représente un verre, et le temps qu’il faut
La Sécurité routière raisonne en verres standard. Un verre standard, c’est la dose servie dans un café : un demi de bière, un ballon de vin, une dose d’apéritif ou de spiritueux. Chacun contient à peu près la même quantité d’alcool pur, environ 10 grammes. Un verre standard fait monter l’alcoolémie d’environ 0,20 à 0,25 gramme par litre de sang.
Le calcul est vite fait : deux verres approchent la limite de 0,5 gramme, et le troisième la dépasse. Ces repères sont des moyennes. Le poids, le sexe, la fatigue, un repas pris ou non, des médicaments font varier le résultat d’une personne à l’autre et d’un jour à l’autre. Les verres servis à la maison sont souvent plus remplis qu’au café, ce qui fausse tout le calcul.
Le corps élimine l’alcool lentement, environ 0,10 à 0,15 gramme par litre de sang et par heure. Rien n’accélère cette élimination : ni le café, ni la douche froide, ni le grand verre d’eau, ni le fait de manger après coup. Le taux maximal est atteint entre une demi-heure et une heure après le dernier verre, pas au moment où on le boit. Un conducteur qui part juste après le repas peut donc voir son taux monter pendant le trajet.
Le lendemain matin compte aussi. Après une soirée arrosée, l’alcoolémie peut encore dépasser la limite au réveil. Un éthylotest chimique ou électronique dans la boîte à gants permet de vérifier avant de partir : c’est la seule mesure qui vaille, puisque la sensation d’être « en forme » n’est pas fiable.
Le contrôle : éthylotest, éthylomètre, prise de sang
Un contrôle d’alcoolémie se fait en deux temps. D’abord le dépistage, avec un éthylotest : on souffle, et l’appareil dit si le taux est au-dessus ou en dessous du seuil. Il ne donne pas de valeur qui fasse foi. Si le dépistage est positif, ou si le conducteur ne peut pas souffler, les forces de l’ordre passent à la mesure.
La mesure se fait à l’éthylomètre, un appareil homologué et vérifié, ou par une prise de sang réalisée par un médecin. C’est ce résultat qui sert à qualifier l’infraction. Après un premier souffle à l’éthylomètre, le conducteur peut demander une seconde mesure : c’est un droit, et il vaut mieux l’exercer.
Le contrôle peut avoir lieu sans infraction préalable, lors d’un contrôle routier organisé, et il est systématique après un accident. Refuser de se soumettre aux vérifications est un délit à part entière, puni comme une alcoolémie au-delà du seuil le plus grave. Refuser ne fait donc jamais gagner quoi que ce soit.
Amende alcoolémie entre 0,5 et 0,8 g/l
Entre 0,5 et 0,8 gramme par litre de sang, soit entre 0,25 et 0,4 milligramme par litre d’air expiré, l’infraction est une contravention. Les sanctions sont les suivantes :
- une amende forfaitaire de 135 euros ;
- un retrait de 6 points sur le permis ;
- une suspension du permis possible, jusqu’à 3 ans ;
- l’immobilisation du véhicule possible sur place.
Pour un jeune conducteur, le même barème s’applique dès 0,2 gramme. Le retrait de 6 points pèse alors bien plus lourd : en début de période probatoire, le capital de points est réduit, et un seul contrôle positif peut suffire à invalider le permis. Il faut alors repasser l’examen.
L’immobilisation concrètement : la voiture ne repart pas avec le conducteur contrôlé. Un passager sobre, titulaire du permis, peut la conduire. Sinon, elle reste garée ou part en fourrière. Si elle doit rester sur le bord de la route, il faut savoir qui appeler quand la voiture doit rester sur place : les mêmes réflexes que pour une panne s’appliquent.
Au-delà de 0,8 g/l : un délit
À partir de 0,8 gramme par litre de sang, soit 0,4 milligramme par litre d’air expiré, conduire devient un délit. Le dossier relève en principe du tribunal correctionnel, et les sanctions changent d’échelle : jusqu’à 4 500 euros d’amende et 2 ans d’emprisonnement, plus le retrait de 6 points.
Le juge peut ajouter des peines complémentaires : suspension ou annulation du permis, obligation d’effectuer un stage de sensibilisation à la sécurité routière, confiscation du véhicule, ou obligation de ne conduire qu’un véhicule équipé d’un éthylotest antidémarrage. Ce dispositif, posé par un installateur agréé, empêche le moteur de démarrer tant que le conducteur n’a pas soufflé sous le seuil. Il est de plus en plus proposé comme alternative à la suspension, ce qui permet de continuer à conduire pour travailler.
Le permis est en général retenu sur le champ et suspendu à titre provisoire par le préfet, avant même le jugement. La récidive aggrave tout : annulation du permis et peines doublées. Le passage au tribunal laisse aussi une trace au casier judiciaire, ce qui n’est pas le cas d’une simple contravention.
Assurance et alcool : ce qui change après un accident
Un conducteur en état d’alcoolémie qui cause un accident ne laisse pas ses victimes sans indemnisation. Les passagers, les piétons, les autres conducteurs sont indemnisés par son assurance, comme pour tout accident. C’est le conducteur lui-même qui paie la différence.
Selon le contrat, l’assureur peut refuser de couvrir les dommages du conducteur et de sa propre voiture, se retourner contre lui pour récupérer une partie des sommes versées, appliquer une surprime à l’échéance ou résilier le contrat. Après une résiliation pour alcoolémie, retrouver un assureur devient difficile et cher. Ces clauses figurent dans les conditions générales, au chapitre des exclusions : relisez-les une fois, au calme, pour savoir ce que votre contrat prévoit.
Pour les autres règles de conduite, de permis et d’amendes, la catégorie conduite, amendes et permis rassemble nos repères, et la page repères sur les règles et les démarches auto donne le cadre général.
Questions fréquentes
Combien de verres pour atteindre 0,5 g/l ?
En moyenne, deux verres standard approchent la limite et le troisième la dépasse, puisque chaque verre fait monter l’alcoolémie d’environ 0,20 à 0,25 gramme par litre. Ce repère varie fortement selon la personne et les circonstances : seul un éthylotest donne une réponse fiable.
Quelle est l’amende pour une alcoolémie au volant ?
Entre 0,5 et 0,8 g/l, l’amende forfaitaire est de 135 euros, avec un retrait de 6 points et une suspension possible. Au-delà de 0,8 g/l, c’est un délit jugé au tribunal, puni jusqu’à 4 500 euros d’amende et 2 ans d’emprisonnement.
Quel taux d’alcool en permis probatoire ?
Le taux maximal est de 0,2 gramme par litre de sang, soit 0,1 milligramme par litre d’air expiré. Un seul verre peut suffire à le dépasser. Le retrait de 6 points peut alors invalider le permis d’un jeune conducteur.
Peut-on refuser de souffler dans l’éthylotest ?
Non. Le refus de se soumettre aux vérifications est un délit, puni des mêmes peines que la conduite avec un taux supérieur à 0,8 g/l : amende, retrait de 6 points, suspension ou annulation du permis.
